Normalement on dit "l'arbre aux quarante écus", mais on peut actualiser, puisque l'euro d'aujourd'hui a sensiblement la même valeur que l'écu (celui qui servait autrefois de monnaie européenne). C'est le Ginkgo, bien sûr.


La comparaison avec l'écu vient de ce que ses feuilles prennent en automne une belle couleur or unie.


Il représente une véritable curiosité botanique : c'est en effet le seul membre vivant de l'ordre des ginkgoacées, qui prospéra voici deux cents millions d'années.
C'est le plus ancien de tous les arbres.


On sait qu'il est remarquablement résistant à la pollution, et qu'il possède ne nombreuses vertus médicinales. Il est bien connu également que l'on ne plante que des Ginkgo mâles - oui, c'est un végétal dioïque. En effet, les arbres femelles donnent des sortes de mirabelles qui, une fois tombées au sol, dégagent en se décomposant une odeur épouvantable que tout le monde s'accorde à comparer à celle des excréments. Difficile à gérer en milieu urbain.


Les Chinois appellent ces "prunes" Yin-Kuo, "fruits d'argent", qui a donné Ginkgo. Ils partagent avec les Japonais l'étrange manie de les faire griller pour les manger. Dans les manuels de la fin du XVÚme siècle, les "noix" de Ginkgo grillées sont mentionnées comme friandises à grignoter lors de la cérémonie du thé.


Ce que l'on sait moins, c'est que ces "prunes" ne sont ni des fruits, ni des graines.
Ce sont des œufs.

(A SUIVRE)